Critical World
Thinking Globalization Through Popular Culture
Populaire, Populisme
Categories: ANT2050, Keywords


Quelques notions importantes à considérer:

  • Culture
  • Populisme
  • Préjugés
  • Populaire (“mainstream”)
  • Peuple

Jouer avec les mots c’est un jeu sérieux…

Gadamer:  “You have to listen to words.  I have often told my students that they must develop an ear for the implications of the words they use.” (“Culture and Media”)

La démarche “keywords” de Raymond Williams (pour en savoir plus cliquez ici: http://criticalworld.net/the-life-of-raymond-williams/

 

En ce qui concerne l’étude de la culture populaire, nous allons voir qu’il y a des liens qui existent entre le monde anglophone et le monde francophone, même s’il y a différences par rapport à la façon de concevoir la notion du “populaire”

 

Raymond Williams

Qu’est-ce que c’est que la culture?

D’abord il faut distinguer entre culture 1 et culture 2

  • 1: Humanités (civilisation, cultivation, arts)
    • définition littéraire
    • « il a beaucoup de culture »
  • 2:  Sciences sociales (valeurs, croyances, pratiques)
    • définition anthropologique
    • « c’est culturel »

La culture populaire est complexe parce qu’elle se trouve à l’intersection de ses deux usages.

Elle prend souvent une forme matérielle ou artistique ET elle exprime l’identité du groupe dont elle est issue.

 

Dans son texte Williams explique que « la culture est ordinaire », pourquoi il insiste autant là-dessus?

  • pour critiquer la position privilégiée de la culture des élites
  • pour expliquer que toutes les couches de la société possèdent une culture (dans le sens anthropologique)

    Distinction entre LA culture et UNE culture

 

Dans ce sens il faut comprendre le mot “ordinaire” sans y attacher le sens péjoratif qu’on lui donne habituellement.

Pour Williams, lui-même issu d’un milieu modeste, il existe une culture de la classe ouvrière (“there is a distinct working class way of life”, p. 15)

Williams observait des phénomènes qui étaient visibles autour de lui, comme les initiateurs du mouvement de cinéma populiste en Angleterre “Free Cinema”

“Most of the films deliberately omitted narration. The film-makers shared a determination to focus on ordinary, largely working-class British subjects. They felt these people had been overlooked by the middle-class-dominated British film industry of the time, displaying a rare sympathy and respect, and a self-consciously poetic style.” (source: Wikipedia)

Quelques exemples du “free cinema”:

  • Karel Reisz « We Are The Lambeth Boys » (1959)

  • Robert Vas, « Refuge England » (1959)

 

Homme de lettres reconnu, Williams avait une sensibilité très terre à terre:

« For one thing I knew this : at home we were glad of the Industrial Revolution, and of its conséquent social and political changes… »

« Any account of our culture which explicitly or implicitly denies the value of an industrial society is really irrelevant; not in a million years would you make us give up this power. »  17

 

Le constat de Williams sera à la base d’un nouveau champs de recherche sur la culture populaire, “Cultural Studies” en commençant par deux textes très importants de la sociologie  britannique influencée par le marxisme culturel de Williams:

Paul Willis Learning to Labor: How Working Class Kids Get Working Class Jobs (1977)


Dick Hebdige Subculture: The Meaning of Style (1979)

Entrevue avec Dick Hebdige sur l’histoire du mouvement punk
http://www.youtube.com/watch?v=VPtJpAr7fvQ

Le début du punk à la télévision en Angleterre:

Sex Pistols en entrevue avec Bill Grundy:

 

Jean-Claude Passeron, “Quel regard sur le populaire”

Pas de discussion réellement de la culture pop, ou même de la culture expressive, mais beaucoup sur les dynamiques entre les élites et les groupes défavorisés, que l’on entend se faire nommer par les étiquettes “classes populaires”

Passeron regarde l’approche de la sociologie du marxisme culturel en Angleterre:

  • « Nous avons été frappés par cette approche très différente de la nôtre…Hoggart, avec sa méthode, dans les formes narratives d’une relation ethnographique, faisait le bilan, dans tous les compartiments de la vie quotidienne, de la mémoire et de la transmission, du rapport au futur, des sentiments, des sensations, des lieux, le bilan d’une culture populaire en son assise urbaine… »  11
  • « Nous découvrions avec Hoggart qu’il existait en Angleterre une culture populaire urbaine, ouvrière, coupée depuis plus longtemps qu’en France de ses origines rurales. »  11-12

Passeron (avec son collègue Grignon) monte une critique de la pensée populiste dans les sciences humaines. Il fait la distinction entre deux visions de la culture populaire, tous les deux de gauche et problématiques, mais pour des raisons différentes


Populisme 
:

glorification du « peuple », considéré comme la promesse de l’avenir,
capacité de ré-humaniser le système mécanisé et déshumanisé de la modernité

 

Les filles de Caleb

Ce téléroman est l’un des plus grands succès de l’histoire de la télévision québécoise. Le , le téléroman a attiré 3 664 000 téléspectateurs, ce qui constituait un record qui n’a été surpassé que par La Petite Vie en 1995.

“Émilie et Ovila”

 

Misérabilisme :

critique de la culture populaire comme aliénation, personnes qui appartiennent au « prolétariat »
sont victimes de la dépossession et l’exploitation, dupés par le système de production capitaliste

« À l’inverse de la littérature populiste, la littérature misérabiliste passe son temps
à décrire les lieux et les moments où il n’y a plus d’autonomie,
où la puissance matérielle va toujours à plus de puissance symbolique… »

Est-ce que cette émission représente ou devrait représenter le Québec?

 

Pourquoi elle nous fait rire?

La p’tite vie version 2000?

 

 

Qui regardait Les Bougon? Pourquoi?
Les Bougon sont des héros ou des incultes?

 

Préjugés des intellectuels

Mépris envers les gens qui vivent dans les “quartiers populaires”

L’inconfort des intellectuels vis-à-vis de la culture ouvrière, selon Passeron, serait dû, en partie, au sentiment de l’intellectuel par rapport aux changements sociaux qui, en valorisant la culture des classes ouvrières, lui donne l’impression que sa culture à lui (« high culture », culture des élites) perd sa légitimité ou devient à quelque part menacé, ce qui mène à un  « profond mépris pour l’inculture des masses »


Est-ce que les classes sociales existent au Québec?

Mathieu Bock-Côté: Message à la CLASSE

“La Classe dit : nous sommes le peuple.  Je réponds : non, vous n’êtes pas le peuple. Vous êtes une organisation militante située à gauche de la gauche, une organisation très radicale, qui représente ses membres, mais pas au-delà (et encore là, il faudrait voir si le fonctionnement très problématique de ce qu’on appelle la «démocratie étudiante» ne donne pas à la Classe plus de membres qu’elle n’en a réellement). Vous dites que le parlement ne représente pas vraiment le peuple. Et vous, d’où vient votre prétention à être le peuple ? Il y a bien des limites à dire n’importe quoi.”

http://blogues.journaldemontreal.com/bock-cote/general/message-a-la-classe-non-vous-netes-pas-le-peuple/

 

Quand vous utilisez le mot “populaire” au Québec, qu’est-ce que vous voulez dire?

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